Manifeste / L’encre des jours

Chers amis,

Nous avons choisi de refuser l’agitation du monde et le bruit médiatique, les existences débordées et les mots délaissés.

Nous avons choisi d’œuvrer pour la poésie. Celle qui est partout. Celle qui appartient au quotidien des êtres et des choses. Souffle de quiétude et de douceur, éclaireuse d’horizons, évidente et éternelle comme vos sourires providentiels.

Nous avons choisi de combattre le cynisme. Celui qui assure qu’il n’y a pas d’alternative, que le temps de l’émerveillement et des grands idéaux est derrière nous. Nous lui opposerons nos armes : la lucidité, l’optimisme, l’humilité et la persévérance.

 

Dans nos ténèbres il n’y a pas une place pour la Beauté.  Toute la place est pour la beauté.

 

Nous avons choisi de faire nôtre ces maximes. Car la mort habite les silences, alors nous parlerons. Car le scandale, il y a un siècle, résidait dans toute négation un peu tapageuse, elle réside aujourd’hui dans toute affirmation qui ne tremble pas.

Nous avons choisi de désamorcer des bombes. Celles du langage, explosifs à retardement contenus dans des mots guerriers, qu’on jette au visage pour couper court au débat.

Nous avons choisi d’expérimenter et de décloisonner. La spécialisation intellectuelle nuit à la pensée, la sanctuarisation de l’art nuit à la vie. La culture doit être un espace de circulation, non d’exclusion.

 

Le refus des injonctions est essentiel.

 

L’encre des jours racontera des livres, des poèmes, des idées ; des histoires aussi, recomposées. Elle espère offrir une nouvelle expérience de lecture. Elle ne prend pas la plume en critique, en amateur, en philosophe, mais en Homme raisonnable et passionné.

Volontairement, L’encre des jours laissera quelques tâches d’ombre. Elle veut inviter à la recréation du sens. Elle aspire à ce que chacun s’interroge puis imagine son propre récit. Bousculer les genres et les codes pour brouiller les pistes, interrompre le spectacle contemporain et ouvrir des brèches de révolte, d’amour, de conscience.

 

La langue de l’étendard tape contre la membrane du ciel.